« Les hommes sont des insectes se dévorant les uns les autres sur un petit atome de boue. » ( Zadig de Voltaire )
suite : ( voir article précédent )
Nous essayons tous d'avancer ! Mais aveuglés par notre grand et glorieux complexe de supériorité, nous avançons dispersés. Nous nous déchirons les uns les autres. Entre humains, entre espèces. Voilà où notre belle intelligence nous mène, encore, et encore : à la destruction. Le racisme. Les blancs se sont crus plus intelligents que les noirs, preuves scientifiques à l'appui. Les Aryens de même. On pense contrôler notre intelligence, mais elle a mené à l'automutilation de notre espèce. Nous recherchons ailleurs, alors que nous devrions comprendre ici. Nous sommes ridicules. Mais quelles belles inventions que sont les chambres à gaz, les discriminations raciales, les... Daniel Balavoine, provoqua ouvertement les m½urs en affirmant qu'il était « pour les races », et qu'il en avait marre d'entendre parler « d'intégration », que les différences entre les hommes étaient présentes, que les fossés étaient creusés entre les différents groupes ethniques. Et qu'on ne pouvait combler les fossés. Mais qu'en revanche, on pouvait les enjamber. Voilà une preuve de ce que j'ose appeler la vraie et belle intelligence. La glorieuse. L'intelligence humaniste et sociale. Le manquement de la chaîne. Notre supposée supériorité n'est qu'une intelligence incontrôlée et démembrées. Son efficacité et son unité n'est qu'une pure illusion.
Vous n'êtes pas raciste ? Bravo ! Mais je maintiens l'idée que vous êtes aveuglés par ce complexe de supériorité, lié à notre proéminent cerveau, certainement trop développé pour que nous puissions le supporter... Imaginez-vous, confortablement installé dans votre logis, en plein hiver. Une bûche crépite dans la cheminée. Fatigué, vous vous levez, pour éteindre le générique de fin d'un film sur la seconde guerre mondiale, et vous introduire dans vos draps douillés. Mais voilà... Que votre regard hagard et médusé tombe sur... une infâme, immonde, cruelle, démoniaque, monstrueuse abomination de la nature : une araignée. Juste au pied de votre lit. L'écraser sera un geste anodin, voire civique ! Autosatisfaction de domination en détruisant ? Ou simple banalité qui n'a pas de quoi s'abaisser ? Ou peut-être encore, un être vivant, subjectivement déterminé comme « hideux » par l'Homme, sur des critères esthétiques et appréciatifs discutables. Un être inférieur à notre sainte intelligence. Un acte basé sur la différence une fois de plus, considéré comme naturel, et non comme une tuerie. Une fois de plus, votre intelligence vous aura mené à détruire, par complexe de supériorité. Tiens, tiens... Auriez-vous commis, en tuant un petit être, un acte raciste ? Là où notre « supériorité » vous permettait gracieusement de choisir entre « laisser la vie », et « détruire », vous avez choisi de détruire ; On parle de tolérance, pour contrer le racisme ( on peut d'ailleurs en parler pour les humains comme pour tous les êtres vivants ). Mais tolérer, c'est comprendre, et accepter. Accepter, c'est se soumettre à un aspect. « Vous et votre intelligence » refusent catégoriquement de se soumettre. Quelle honte de s'abaisser à d'autres hommes moins évolués, ou pire, à des insectes. !
« Les hommes sont des insectes se dévorant les uns les autres sur un petit atome de boue. » ( Zadig de Voltaire )
Peut être que le problème réél est là. Il nous manque une branche de l'intelligence, ce qui la rend défaillante. La sociabilité disparaît, tandis que la symbiose est de moins en moins en vogue. Si un inconnu vous sourit dans la rue, vous allez le prendre pour un aliéné échappé de l'asile ( oh ! complexe de supériorité ! ), pourtant, ce n'est qu'une marque de pure sympathie et de respect. Si vous dites « bonjour ! » à une personne, c'est pour rester poli, le plus souvent, mais le sens même du souhait est passé à la trappe. Ce n'est pas tragique, c'est pathétique. Nous manquons cruellement de sociabilité, et recherchons au delà de notre notre société. Alors qu'une société soudée, et intelligente, pourrait avancer vers la satisfaction de l'érudition en tout bien tout honneur, la nôtre est dispersée, querelleuse, et se sert de sa machiavélique intelligence suprême bien plus pour se détruire.
Oui, l'Homme créé des vaccins grâce à sa science. Oui, l'Homme découvre des planètes inexplorées par les autres espèces terrestres. Oui, l'Homme peut anticiper des événements avec la physique et la chimie. Oui l'Homme, grâce à son intelligence, à réussi à dominer les autres espèces, bien qu'il recherche surtout la domination de sa propre race. Oui, l'Homme devient écologique, recycle des bouteilles et des morceaux de papier qu'il fabrique ; mais si on commence à préserver « notre » nature, c'est parce que nous la détruisons avec efficacité, et que nous essayons orgueilleusement de nous maintenir via une certaine organisation, dans un système de survie, pour organiser au mieux notre autodestruction. Une bombe nucléaire face à des bouteilles recyclées. Les bouteilles ne combattent pas la bombe, elles offrent aux humains un laps de temps plus long pour lui permettre d'améliorer la puissance destructive de sa monstruosité nucléaire. Notre intelligence permet la surie pour se détruire avec plus d'efficacité.
L'intelligence est néfaste pour l'Homme. Les hommes sont néfastes pour l'Homme. Certainement parce que nous avons évolué trop vite et avons voulu explorer les étoiles avant de comprendre notre planète. Nous croyons pouvoir élucider le mystère de la vie, alors que nous sommes incapables de comprendre la mort. Nous sommes des pauvres, ayant gagné ( par hasard ?) cent euro, et croyant faire fortune avec. Nous croyons être l'intelligence même, la supériorité, alors que nous sommes une molécule d'eau dans l'océan d'une larme, et encore... Je le répète – au risque d'être qualifié de rabat-joie – nous sommes doués d'une intelligence néfaste et je ne répéterai pas qu'elle est totalement incontrôlée, et d'un terrible danger. Pour l'utiliser convenablement, il faudrait être doté d'une sagesse dont peu d'humains disposent encore. Accepter que nous ne sommes rien seuls, et que c'est seulement en tant que société soudée que nous pourrons évoluer. Accepter nos griefs, et évoluer en acceptant notre ignorance. Oublier peut être le matériel pour privilégier le spirituel. Car sans intelligence spirituelle, notre raison ne créera qu'une société matérialiste inutile et suicidaire. Nous préparons un grand feu d'artifice et nous devons faire preuve de sociabilité, pour édulcorer notre nuisible esprit et permettre l'évolution de notre conception, pour éviter notre autodestruction.
Le danger est parmi nous.